Suspense sur les élections islandaises !

Edito de Valentin Guillaume, membre du bureau des Jeunes Démocrates de Paris

Le 29 octobre, à la fin de cette semaine, les Islandais vont voter pour choisir de nouveaux représentants. A quelques jours de cette échéance, nous faisons un point sur ces élections, particulières à plus d’un titre.

 

Le Parlement islandais (l’Althing) est dorénavant composé d’une unique chambre composée de 63 députés. L’Althing a été créé en 930, même si sa forme a évidemment évolué au cours des âges. Les députés sont élus pour un mandat de quatre ans, sauf en cas de dissolution du Parlement, ce qui est le cas ici. Nous ne revenons pas ici sur les raisons de ces élections anticipées (les Islandais auraient dû voter au printemps 2017), les médias du monde entier ont relayé cela. Gardons juste en tête que les Islandais restent très choqués que leur Premier ministre ait été lié aux Panama Papers.

 

Le mode de scrutin proportionnel, permet à tous les partis faisant au moins 5% des voix d’être représentés au sein du Parlement, et donc de refléter assez harmonieusement la plupart des idées des habitants, à l’exception des positionnements les plus minoritaires. Actuellement, six partis sont représentés au Parlement. En plus de ceux-là, six autres partis se présentent lors de ces élections, mais la plupart d’entre eux n’ont aucune chance d’obtenir des sièges, notamment parce qu’ils ne présentent pas tous des candidats dans les six circonscriptions de l’Islande. Le Parti des Gens (lutte contre la pauvreté), le Front national populaire (communisme), le Front national islandais (extrême droite), le Parti humaniste (alter-mondialisme) et Aube (oui, c’est le nom d’un parti) sont avant tout là pour faire de la figuration, il s’agit de candidatures de témoignage.

Le principal enjeu de ce scrutin, c’est le score du Parti Pirate : sixième parti en 2013, avec seulement trois députés, son poids dans les sondages n’a fait que croître depuis. Cette fois-ci, le PP sera soit premier, soit deuxième, derrière le Parti de l’Indépendance (droite traditionnelle) actuellement au pouvoir. Et même s’il n’arrive qu’en deuxième position, ce parti peut être en position de former une coalition, en fonction du score des autres partis. Les Pirates (nom des membres du PP) ont d’ores et déjà exclu l’idée de participer à une coalition avec le Parti de l’Indépendance ou le Parti du Progrès (centre droit), actuellement au pouvoir. Les Pirates ont à plusieurs reprises proposé aux autres partis notables de préparer cette future coalition : Avenir radieux (centre, écologique, pro-Europe), Mouvement des verts et de gauche (gauche, écologique, socialisme), Renaissance (nouveau parti, centre droit, libéralisme, pro-Europe), et l’Alliance (centre gauche, social-démocratie).

Mais quels sont exactement les enjeux de cette élection ? Comme vous l’avez sans doute remarqué, le mot « centre » a souvent été prononcé. Il s’avère que grâce au mode de scrutin, les coalitions gouvernementales sont depuis très longtemps des « majorités centrales », composées donc de personnes cherchant avant tout à trouver des consensus acceptables pour le bien du pays tout entier. L’Islande est donc d’ores et déjà très bien gérée, et cela se voit dans de nombreux classements internationaux. Mais il est toujours possible d’améliorer les choses, surtout que le pays demeure très marqué par la crise de 2008, et l’affaire des Panama Papers, mettant en cause plusieurs personnalités politiques n’a pas aidé.

 

Selon moi, les deux thèmes principaux, portés d’ailleurs principalement par le Parti Pirate, sont la question européenne et la nouvelle Constitution. De nombreux Islandais ont été choqués par l’abandon unilatéral des négociations entre leur pays et l’Union européenne, et souhaiteraient a minima que soit organisé un référendum sur la question. Quant à la nouvelle Constitution, certains considèrent comme un déni de démocratie le fait que l’actuel Parlement ait gelé sa mise en place.

 

Dans tous les cas, cette élection ne changera pas la vie des Islandais. L’Islande est un pays à la pointe dans de nombreux domaines, sur le plan de l’écologie, de la démocratie, de l’égalité entre les hommes et les femmes, etc. Différents facteurs expliquent cette situation, notamment le caractère insulaire de ce pays. Mais nous voulons surtout souligner l’importance du mode de scrutin, obligeant la formation de majorité d’idées et permettant que tout le monde travaille au bien-être du pays. Au sein du MoDem, nous espérons qu’un jour la France s’intéresse plus à ce mode de fonctionnement, car nous pensons que le jour où cela se mettra en place, la France pourra devenir un pays encore plus formidable qu’aujourd’hui.

 

Nous allons donc suivre avec attention les résultats de cette élection, qui seront sans doute passionnants à commenter ! Si vous souhaitez obtenir plus d’éléments, n’hésitez pas à venir sur ma page Facebook où je poste tous les jours de petites « Chroniques islandaises ». Merci pour votre lecture !

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