Le populisme ne passera pas par moi

Édito de Marianne Magnin, porte-parole du Mouvement Démocrate de l'Europe du Nord

Populisme

Nom masculin. Idéologie politique de certains mouvements de libération nationale visant à libérer le peuple sans recourir à la lutte des classes. Larousse

Désigne un type de discours et de courants politiques qui fait appel aux intérêts du « peuple » (d’où son nom) et prône à son recours, tout particulièrement en opposant ses intérêts avec ceux de « l'élite », qu'il prend pour cible de ses critiques, s’incarnant dans une figure charismatique et soutenu par un parti acquis à ce corpus idéologique. Le terme est régulièrement employé dans un sens péjoratif, synonyme de « démagogie ». Dans cette acception, il suppose l'existence d'une démocratie représentative qu’il critique. Wikipedia

 

21 avril 2002 : Jacques Chirac arrive en tête du premier tour de l’élection présidentielle. À la surprise générale, Jean-Marie Le Pen le rejoint au deuxième tour. L’analyse qui en est faite tiendrait à la division de la gauche ‘plurielle’ et aux bons scores de l’extrême gauche. Le front républicain se mobilise pour élire Chirac président avec plus de 82%. Chacun respire et repart à ses petites occupations.

 

6 mai 2007 : le populisme entre à l’Élysée. Ce n’est pas un hasard si ce sont aussi l’année et le mois où j’entre en politique en rejoignant le Mouvement Démocrate. 53% des votants se sont exprimés en faveur de la candidature de Nicolas Sarkozy. Un programme fait de grandes promesses et d’effets de manche. Un quinquennat qui sera marqué par un populisme caractérisé par des mouvements giratoires fréquents en fonction de l’opinion publique et assorti de saillies aux relents xénophobes tel le discours de Grenoble.

 

6 mai 2012 : sursaut antipopuliste français, avec plus de 3 millions de votants n’étant pas de gauche qui s’expriment contre le renouvellement du mandat de Nicolas Sarkozy.

 

Nous voici en 2016. Le résultat du référendum britannique sur l’Union Européenne et l’élection de Trump à la présidence américaine semblent avoir pris de court la classe politique, les experts en sondages, les média et une large part de l’opinion publique. La France sera-t-elle la prochaine nation sur la liste à voir un mouvement de fond contester le système en place?

 

Deux leçons politiques sont à retenir.

La myopie et la surenchère sont des esquives qui mènent au mur. Les germes de nos fractures sociale, économique, culturelle sont visibles depuis bien 15 ans en France. Comment y ont répondu nos trois derniers présidents ? Chirac a fait comme si de rien n’était rassuré qu’il fut d’avoir été élu avec un score de république bananière. Sarkozy s’en est servi (et continue de le faire) en le mâtinant d’un vernis occasionnel de respectabilité tout en jouant au pyromane. Hollande fait semblant de s’en soucier pour mieux diviser et régner. Tout cela au grand bénéfice des franges extrêmes de notre échiquier politique, dont le message se normalise par l’emprunt qui en est fait par les représentants politiques ‘traditionnels’ menacés sur leurs fiefs électoraux.

Immobilisme, opportunisme et démagogie comme stratégies défensives. Une approche à court terme, car un peuple en colère préfère l’original à une pale copie ou un ventre mou.

Un camp désuni perd. La gauche plurielle de 2002 est là pour en témoigner. Une union qui ne partagerait pas les mêmes valeurs est pareillement vouée à l’échec. L’incapacité de Sarkozy à rallier les votes humanistes en 2012, faits du quinquennat passé à l’appui, en parle.

 

23 avril 2017 : Marine Le Pen arrive en tête du premier tour de l’élection présidentielle. Qui sera l’alternative de vote ? Nous retrouverons-nous avec Hollande, Sarkozy, Mélenchon ou encore une hydre sortie des noirceurs du scrutin ?

 

Entre le populisme, l’inaction, la xénophobie, la démagogie ou la lutte des classes, les enjeux de civilisation qui secouent notre planète, l’Europe et la France ne sont pas prêts d’être pris à bras le corps. Pour rénover de fond en comble notre pays, il faut une force clairvoyante, ambitieuse et honnête dans ses propositions.

 

C’est la raison pour laquelle François Bayrou s’est prononcé publiquement dès juin 2016 en faveur de la candidature d’Alain Juppé. C’est une décision soutenue par le bureau de la 3e circonscription des français hors de France et largement communiquée auprès de nos citoyens d’Europe du Nord depuis septembre.

 

C’est une décision de conviction, car Alain Juppé partage les valeurs du Mouvement Démocrate : démocratie, humanisme et justice sociale, pragmatisme économique, Europe.

C’est une décision réaliste, car Alain Juppé est rassembleur et donc le plus à même de passer le premier tour de la présidentielle face aux candidats des autres partis à l’exclusion de Marine Le Pen.

C’est une décision intègre : Juppé est 'droit dans ses bottes' et aura le courage politique de garder le cap en ne cédant pas aux sirènes populistes.

C’est une décision pragmatique : Juppé porte une vision cohérente et de long terme pour refonder en profondeur notre pays, et la volonté de mettre ces mesures en pratique sans attendre.

C’est une décision de rassemblement : Juppé a le sens du collectif, condition essentielle pour que le pays porte les réformes.

C’est une décision dans l’intérêt général : pour éviter de morceler les voix au 1e tour de la présidentielle, Bayrou ne se présentera pas si Juppé sort gagnant des primaires.

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Mon vote en faveur d’Alain Juppé lors de la primaire de la droite et du centre sera un ralliement de conviction, pour que la France sorte de l’ornière où elle se débat depuis trop de décennies, et contre l'impasse destructrice du populisme. Ce choix est aussi le rempart contre un vote à reculons - ou 'vote utile' - lors du deuxième tour de la présidentielle. Ce sont les 20 et 27 novembre que se décidera le futur de la France et de l’Europe.

 

Le rassemblement autour du comité de soutien AJ ! des familles centristes, représentées par le MoDem et une bonne fraction de l’UDI est un signe très encourageant.

Il demeure que nous devons impérativement repenser notre façon de faire la politique, car les enjeux sont aussi ceux du discrédit politique.

Faire de la politique autrement, c’est d’abord incarner sans concession l’honnêteté afin de restaurer la confiance de nos concitoyens désabusés. C’est également sortir des chemins battus et partir à l’écoute de ceux d’entre nous isolés ou dissociés du processus démocratique. C’est enfin être une force de proposition qui soit positive et visionnaire, à même d’apporter le désir aux peuples de se rallier et de construire ensemble.

 

François Bayrou parle de ‘défi civique’ dans sa lettre réagissant à l’élection de Donald Trump. Je suis, nous sommes décidés à relever ce défi. Soyons nombreux à rejoindre cette famille d’action, pour que le populisme ne passe pas par nous.

 

[éléments de language de la présentation faite au nom du Mouvement Démocrate lors de la réunion de soutien à la candidature d'Alain Juppé en présence de son comité de soutien issue de Les Républicains et de représentants de l'UDI, Londres, jeudi 10 novembre 2016]

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