Tout le monde peut donner son opinion, nous publions vos articles!
Un des points-cle du programme européen du Modem appelle à une réflexion approfondie, particulierement dans le contexte actuel de crise economique: l’exigence d’une concurrence internationale equitable.
En effet a quoi bon demander aux grandes nations de s’accorder sur des solutions a la crise (G20) ou de se réunir au sein d’organisations internationales (omc) si on ne s’interroge pas simplement sur les origines possibles d’un développement durable sur les fondations humaines sociales et democratiques pronees par les nations europeennes. A quoi bon en effet se dire qu’on peut acheter une voiture à USD 2000 parce qu’elle aura ete fabriquee en Inde par certains ouvriers ne beneficiant ni d’une protection sociale ni d’une retraite décente, si on ne reflechit aux conséquences a long terme d’un tel achat?
Certes on pourra rétorquer que cette concurrence nouvelle permet à certaines nations de se développer économiquement et socialement et exerce également une pression saine sur les nations européennes pour être encore meilleur.
Mais quelles seront les conséquences à long-terme de ces processus?
1/ On ne contribuera jamais aussi rapidement à un développement des systèmes de protection sociale ou à une réduction de la pollution environnementale dans les pays en voie de développement en les laissant faire et en attendant de leur part une prise de conscience progressive avec leur développement qu’en imposant des normes sociales environnementales et humaines de production.
2/ Les rapports de force industriel ou commercial entre les pays occidentaux et des nations comme la Chine et l’Inde sont progressivement en train de s’inverser et nous ne serons bientot plus en mesure d’exiger de nos partenaires des standards qui soient cohérents avec nos valeurs. Nous risquons alors d’assister à une croissance injuste sur la seule base de l’absence d’un certains nombres d’acquis sociaux et environnementaux qui nous paraissent fondamentaux. Il serait faux de croire que ces pays ne pourront pas se développer s’ils interdisent le travail des enfants et s’ils offrent une protection sociale et une retraite à leurs ouvriers.
3/ Que dira-t-on dans quelques années si du fait de leur croissance forte dans certins secteurs des entreprises viennent acheter leurs concurrents européens pour réaliser un pillage technologique et délocaliser l’ensemble de leurs activités.
Devra-t-on attendre une telle extrémité pour qu’enfin s‘élèvent des voix exigeant la mise en place d’une concurrence saine qui ne vise ni à un nivellement par le bas de nos standards européens ni à freiner la croissance des pays en voie de développement?
Commentaires
Poster un nouveau commentaire