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Toutes les enquêtes d’opinion montrent le peu d’entrain des électeurs pour se rendre aux urnes lors des élections européennes du 7 juin. Le taux d’abstention pourrait atteindre 66 % ! C’est du moins ce que prévoit le sondage Eurobamètre effectué dans les 27 États membres de la Commission européenne.
Certains analyseront ce chiffre comme une marque d’indifférence face à l’Europe. Pourtant le referendum sur la constitution européenne en France à donner lieu à de grands débats publics. Le taux de participation a d’ailleurs touché des sommets à plus de 70%. En Angleterre, la question de l’adhésion à l’Euro fait toujours frémir toute la classe politique anglaise. Bref, l’Europe passionne toujours autant !
D’autres croient donc distinguer dans ce faible taux de participation une marque de défiance face à l’Europe. Cependant les récents événements de l’actualité ont rappelé le rôle essentiel de l’Europe. Face a la crise économique, tous s’accordent à souligner le rôle protecteur de l’Euro ou l’action salvatrice de la banque centrale européenne. C’est même plus d’Europe qu’il faudrait pour mieux combattre cette crise : coordination des plans de relance, régulateur financier européen aux pouvoirs étendus, harmonisation fiscale et lutte plus efficace contre les paradis fiscaux ou encore lancement d’un grand emprunt européen comme le propose le MoDem. D’autres domaines d’intervention gagnent également la pleine adhésion des citoyens : Qui doute encore de la nécessité d’agir au niveau européen pour initier le combat contre le réchauffement climatique ? Qui croit encore que le budget de recherche de la France peut rivaliser face à celui des Etats-Unis ? Qui pense que les réseaux criminels s’arrêtent aux frontières de la France ? Qui imagine que sans l’Europe on pourrait émigrer et se déplacer d’un pays un autre de l’espace européen sans obstacles financiers, juridiques ou administratifs?
Bref, à moins d’être de très mauvaise foi, difficile d’occulter les avantages de l’Europe. Comment alors expliquer ce faible taux de participation ?
Si on commençait à interroger les européens sur le rôle du parlement, on s’apercevrait que peu d’européens sont capables de citer les attributions des parlementaires de Bruxelles. De plus, qui à part les deux/trois têtes de gondoles de chaque parti connaît les députes européens ? Si un citoyen ne sait ni pourquoi ni pour qui il va voter, c’est difficile de lui faire comprendre que de ces élections dépendent des choix fondamentaux. Le MoDem propose justement d’apporter des réponses à ce manque de visibilité : toutes les délibérations des gouvernements, au sein du conseil, devront être publiques, télévisées, ou diffusées sur internet. Toute préparation de décision de l’Union doit être annoncée aux citoyens, sauf urgence, trois mois avant d’être prises, par voie de presse, de manière qu’ils puissent donner leur avis et saisir leurs députés européens.
A coté de ce travail de communication, il convient aussi de mieux valoriser le rôle des institutions européennes. Le Modem attend toujours des gouvernements qu’ils cessent de critiquer les décisions du parlement et de se défausser sur l’Europe pour pallier leur propre faiblesse. L’exemple du revirement français sur le temps de travail et le droit à l’opt out (“dérogation”) dont bénéficie le Royaume-Uni illustre l’“hypocrisie” qui prévaut sur des dossiers sensibles. Enfin, même la commission, le moteur de l’Union, devient à la remorque des Etats. La présidence de Nicolas Sarkozy a paradoxalement marqué un net affaissement des institutions européennes. La commission européenne a été rabaissée au profit des prises de décisions interétatiques : une stratégie peut-être efficace sur le court-terme mais surement pas sur le long-terme. Alors que la présidence tchèque actuelle de l’Union Européenne patine, la commission européenne prend toujours aussi peu d’initiatives. Cette commission dont on louait la force de proposition lors des années de Jacques Delors a irrémédiablement perdu son allant au profit des Etats.
Affaiblissement de la commission, opacité sur le rôle du parlement, dénigrement permanent des décisions prises à Bruxelles, pouvoir limité accordés aux institutions européennes les ingrédients sont réunis pour une désaffection généralisée des électeurs. Les européens en ces temps de crise n’ont donc pas la tête à ces élections dont ils ne comprennent ni le sens ni l’intérêt.
Cette abstention ne représente donc pas une marque de défiance ou de désintérêt pour la cause européenne mais plutôt un manque de connaissance des instances européennes et la reconnaissance de la faiblesse de leurs prérogatives. Il faut donc saisir l’opportunité que cette crise présente : grâce à celle-ci, les citoyens réalisent à quel point certains grands défis de demain peuvent être relevés à travers une Europe plus forte. Il faut ainsi offrir à celle-ci plus de moyens financiers, plus de pouvoir et plus de visibilité. L’Europe nous protégera mieux et militera efficacement pour ces valeurs de l’humanisme. Voila le chemin à suivre pour que, demain, ce vote compte vraiment pour les citoyens ! C’est en tous cas, la voie que le MoDem a choisi pour défendre le projet européen et redonner du sens à ces élections.
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