Abus de pouvoir

Notre socle démocratique s’appuie sur un subtil équilibre entre l’exécutif, le législatif, le judiciaire, les médias et même l’administration.

Ces piliers sont chaque jour sapés par l’action de Nicolas Sarkozy. Il cherche à concentrer dans ses mains tout ce qui encadrait jusqu‘à alors le pouvoir du Président.

- Il étend son contrôle sur les médias. Dassault, Bouygues ou Lagardère sont tributaires des commandes publiques pour une grande partie de leurs revenues. Mais ils possèdent aussi les plus importants médias en France : le Figaro, l’express, de nombreux titres régionaux (Le Dauphiné libéré, le Courrier de l’Ouest, la Voix du Nord), Europe 1, Paris Match, Journal du dimanche, ou encore TF 1. Il en faut surtout pas y voir de conflits d’intérêts. Récemment, notre Président est allé plus loin en changeant la loi pour pouvoir nommer directement le patron de France Télévision ! Silvio Berlusconi n’est plus tout seul…

- Il accentue sa mainmise sur le pouvoir judiciaire. Nicolas Sarkozy souhaite supprimer les seuls juges qui ne dépendent pas de l’exécutif, les juges d’instruction. Les toutes récentes affaires politiques illustrent l’importance de ces juges. Sans eux, Pasqua ou Chirac ne seraient probablement jamais devant les tribunaux. Ainsi bientôt, tous les juges et fonctionnaires de justice sans exception vont rendre compte au Garde des Seaux. Leurs promotions et avancements dépendront de l’exécutif. Quel contre-pouvoir représente-t-il vraiment ?

- Il réduit le rôle du parlement à celui de chambre enregistreuse. Les députes UMP sont au garde à vous devant Nicolas Sarkozy car le fonctionnement de l’UMP est telle qu’il décide de tout. Il décidera ou non de leur prochaine investiture comme il sélectionne aujourd’hui les têtes de liste aux régionales. Quel intérêt ont les députés UMP de s’opposer à Nicolas Sarkozy ? On s’en rend encore compte sur cette décision de Nicolas Sarkozy de lancer un emprunt qui va approcher €50 milliards. Personne n’en comprend l’intérêt au vue de notre déficit abyssal mais les députés n’osent pas s’opposer frontalement au Président.

- Il se sert de l’administration comme de son propre personnel. Au Royaume-Uni, on peut constater que l’administration peut exercer un rôle actif de contre-pouvoir en retardant des décisions de l’exécutif ou en les vidant de leur substance. En France, Nicolas Sarkozy utilise les préfets et certains fonctionnaires comme des agents de propagandes. Au cas où un déplacement ne se passe pas comme prévu, le préfet est démis de ses fonctions ! Trop de sifflets et de chahuts lors d’une visite en province entraînent maintenant la chute d’un préfet.

- Enfin l’exécutif ne semble plus représenté que par le Président ! Les ministres sont ravalés au rang de « collaborateur ». On en arrive à une situation ubuesque où le Président propose à son fils de 23 ans de présider l’EPAD sans qu’aucun de ses « collaborateurs » le lui déconseillent !

Une administration à son service, des médias transformés en outils de propagande, des parlementaires tenus en laisse, une justice sous contrôle et un pouvoir exécutif centré autour de sa personne forment le ciment institutionnel de ce quinquennat. Tout ceci apparaît bien inquiétant.

Finalement, le seul obstacle aux ambitions népotiques de Sarkozy reste l’opinion publique. Les personnages les plus écoutés de notre président, ce sont maintenant les sondeurs…Quelle rupture !

Ce combat pour une démocratie plurielle est au cœur du projet politique du MoDem. Nous ne croyons pas qu’un seul homme détient la vérité. Les institutions offrent des garde-fous et des espaces de dialogues propices à l’émergence d’idées qui vont dans le sens de l’intérêt général. Les propositions du MoDem pour une VIème République composée d’un parlement fort afin d’instituer un réel équilibre entre le pouvoir exécutif et législatif apportent des solutions concrètes aux récentes dérives. De même, le MoDem a avancé l’idée d’interdire aux entreprises qui bénéficient de grands contrats publics de posséder de médias.

La vraie rupture consiste à se séparer de ces pratiques et tendances quasi-monarchiques. Et cette rupture, elle est portée par le MoDem !

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